Terres du Son, le festival écoresponsable

Terres du Son, le festival écoresponsable

Après avoir abor­dé les 4 points essen­tiels pour orga­ni­ser un fes­ti­val éco­res­pon­sable, on ne pou­vait oublier le fes­ti­val Terres du son. Véri­table exemple en terme d’éco-responsabilité évé­ne­men­tielle, le fes­ti­val fête cette année ces 14 ans.

WEEZEVENT : BONJOUR PAULINE ! POUVEZ-VOUS VOUS PRÉSENTER BRIÈVEMENT POUR NOS LECTEURS ?

Bon­jour, je m’appelle Pau­line Ruby et je tra­vaille pour le fes­ti­val Terres du Son depuis 2011. Je suis res­pon­sable de la com­mu­ni­ca­tion et de la billet­te­rie.

WEEZEVENT : POUVEZ-VOUS DÉCRIRE LE FESTIVAL TERRES DU SON ? DEPUIS QUAND EXISTE-T-IL ? QUELLE EN EST LA “GENÈSE” ?

Terres du Son est né du pro­jet de 3 amis, Franck, Arnaud et Hugues, au centre cultu­rel de Fon­dettes près de Tours. Tous trois vou­laient mon­ter un évé­ne­ment et créèrent en 2004 l’Association Spec­tacle Sport Orga­ni­sa­tion. Après deux pre­mières édi­tions au parc des expo­si­tions de Tours en 2005 et 2006, le fes­ti­val démé­nage à La Ville aux Dames sur les bords de Loire. C’est ici que les pre­mières ini­tia­tives pour rendre le fes­ti­val plus éco­res­pon­sable ont été prises et depuis prennent une place gran­dis­sante dans son orga­ni­sa­tion.
Le fes­ti­val tel qu’on le connaît aujourd’hui et depuis 10 ans main­te­nant se déroule au domaine de Can­dé sur lequel est né le vil­lage asso­cia­tif éco-res­pon­sable.

WEEZEVENT : VOUS RÉPONDEZ À UNE DEMANDE DES COLLECTIVITÉS LOCALES OU BIEN L’INITIATIVE VIENT DE VOUS ?

L’initiative vient du fes­ti­val. Le Dépar­te­ment a accep­té que Terres du son soit au Domaine de Can­dé, riche d’un impor­tant patri­moine natu­rel et pay­sa­ger. La Région a sou­te­nu la démarche en finan­çant notam­ment l’accompagnement d’une entre­prise spé­cia­li­sée dans les évè­ne­ments éco-res­pon­sables pen­dant plu­sieurs années.
La seule contrainte posée par les col­lec­ti­vi­tés est de rendre le site aus­si propre qu’il ne nous l’a été lais­sé. Mais devant un site d’une telle beau­té, l’initiative a été prise par l’organisation d’aller plus loin que cela et de réduire au maxi­mum l’impact envi­ron­ne­men­tal du fes­ti­val.

WEEZEVENT : CETTE VOLONTÉ DE RÉDUIRE AU MAXIMUM VOTRE EMPREINTE ÉCOLOGIQUE COMPLIQUE-T-ELLE L’ORGANISATION DU FESTIVAL ?

On ne voit abso­lu­ment pas cela comme une contrainte. Comme je l’ai dit, l’initiative vient vrai­ment des orga­ni­sa­teurs. C’est un mode de pen­sée et non du green­wa­shing comme on peut sou­vent en voir aujourd’hui. C’est très à la mode d’organiser des évé­ne­ments éco­res­pon­sables, au moins de com­mu­ni­quer des­sus, mais le tra­vail de fond n’est que très peu fait. Nous ne sommes heu­reu­se­ment pas les seuls mais à Terres du Son, chaque étape de l’organisation est pen­sée pour être éco­res­pon­sable.

WEEZEVENT : CONCRÈTEMENT, COMMENT CELA SE MET EN PLACE ?

On tra­vaille beau­coup sur 3 axes impor­tants : le trans­port (c’est 75% de notre impact car­bone), les déchets et le ter­ri­toire. Nous appor­tons une réponse à ces trois objec­tifs par les navettes gra­tuites depuis la gare de Tours, le TER, les pro­duc­teurs locaux, le sou­tien à une agri­cul­ture durable et locale, l’Eco vil­lage gra­tuit avec une pro­gram­ma­tion très riche ou encore les éner­gies renouvelables…C’est visible des fes­ti­va­liers mais ça se passe aus­si beau­coup côté cou­lisse. C’est d’ailleurs une démarche RSO (Res­pon­sa­bi­li­té Socié­tale des Orga­ni­sa­tions) glo­bale à l’association, comme le tra­vail avec des struc­tures d’insertion et l’implication d’entreprises locales, par exemple dans l’utilisation de maté­riaux de récu­pé­ra­tion pour la déco­ra­tion.
Chaque année de nou­velles ini­tia­tives viennent s’ajouter à celles-ci.

WEEZEVENT : QUELLES NOUVEAUTÉS POUVEZ-VOUS ALORS ANNONCER POUR CETTE ÉDITION 2018 ?

Cette année, on lance l’écofestivalier enga­gé. Nous avons la volon­té d’aller plus loin que la sen­si­bi­li­sa­tion en inté­grant véri­ta­ble­ment le public à notre démarche. Le prin­cipe est que chaque fes­ti­va­lier pour­ra faire des “éco­gestes” comme le tri des déchets pen­dant le fes­ti­val, venir à vélo au fes­ti­val ou encore répondre à des quizz sur les asso­cia­tions pré­sentes et engran­ge­ra ain­si des points. Plus un fes­ti­va­lier aura de points plus il aura de chance de gagner le cadeau suprême, un pass à vie pour le fes­ti­val mais aus­si plein d’autres sur­prises !Sinon chaque année nous met­tons en place un nou­veau moyen de venir au fes­ti­val. Après la sou­coupe volante et la fusée, cette année les fes­ti­va­liers pour­ront se rendre sur le domaine en car­rosse.

WEEZEVENT : QUELS CONSEILS DONNERIEZ-VOUS À DES ORGANISATEURS D’ÉVÉNEMENTS SOUCIEUX DE VOULOIR RENDRE LEUR ÉVÉNEMENT ÉCORESPONSABLE ?

Il faut tout d’abord être bien conscient qu’organiser un fes­ti­val, ça n’est pas éco­res­pon­sable ! Il ne faut pas le faire pour l’aspect mar­ke­ting mais bien dans une véri­table démarche socié­tale. Il faut y croire car cet effort demande un cer­tain inves­tis­se­ment humain et finan­cier. En effet, faire appel à des pres­ta­taires locaux coûte plus cher, un inves­tis­se­ment d’autant plus consé­quent que le fes­ti­val est auto­fi­nan­cé à hau­teur de 90% ! Les démarches pour trou­ver des par­te­naires en accord avec l’esprit du fes­ti­val sont plus longues et com­pli­quées.
Le conseil que je don­ne­rais est donc de ne sur­tout pas faire ça pour le côté mar­ke­ting.

WEEZEVENT : QUELS BÉNÉFICES LE FESTIVAL TIRE DE CES NOMBREUSES INITIATIVES ? QUEL EN LE RETOUR DU POINT DE VUE DES FESTIVALIERS ?

Bien que l’investissement soit consé­quent, il faut dire que les retom­bées sont très posi­tives en terme d’image. Notre public d’abord nous donne beau­coup de retours pen­dant et après le fes­ti­val pour nous remer­cier de la pro­pre­té des sani­taires, de la qua­li­té de la nour­ri­ture, du cadre de vie…
Ces ini­tia­tives créent une vraie com­mu­nau­té de fes­ti­va­liers qui chaque année reviennent. Il en va de même pour les médias qui, même s’ils ont été durs à démar­cher au début, une fois venus reviennent chaque année et nous donnent beau­coup de visi­bi­li­té.

WEEZEVENT : VOUS ÊTES UN DE NOS PLUS FIDÈLES ORGANISATEURS, POURQUOI AVOIR CHOISI WEEZEVENT ? ET QUELLES SONT LES RAISONS DE CETTE COLLABORATION DURABLE ?

Au début, le choix s’est natu­rel­le­ment fait car le direc­teur de l’association est un très bon ami de Sébas­tien Ton­glet (co-fon­da­teur de Wee­zevent ndlr.). Main­te­nant que c’est moi qui suis en charge de notre col­la­bo­ra­tion, je peux dire que c’est un logi­ciel extrê­me­ment simple d’utilisation et intui­tif. Si cette rela­tion dure si long­temps c’est aus­si grâce à la dis­po­ni­bi­li­té constante des équipes pour cha­cune de mes ques­tions, cha­cun de mes pro­blèmes. Même quand vous avez subi des attaques sur Inter­net, nous rece­vions des infor­ma­tions en conti­nue, dans une grande séré­ni­té. Et puis je dois dire que nous sommes main­te­nant dépen­dants du cash­less tant il nous est utile chaque année !

WEEZEVENT : AVEZ-VOUS UNE ANECDOTE EN TÊTE À PROPOS DU FESTIVAL ? QUELQUE CHOSE À AJOUTER ?

En 13 ans, il y en a eu beau­coup ! Mais je pense à la fois où la chan­teuse Camille, qui chante tou­jours pieds nus, se brû­lait les pieds sur la scène. Une des per­sonnes du public lui avait envoyé ses chaus­sures pour qu’elle puisse reprendre le concert. Cette anec­dote montre bien l’aspect fami­lial et l’esprit bon enfant du fes­ti­val.

 

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