Roland Garros : billetterie 100% web

Roland Garros : billetterie 100% web

Les bil­lets du tournoi de ten­nis parisien sont désor­mais ven­dus unique­ment sur Inter­net. Une réus­site : il n’y a plus de places disponibles depuis le 28 févri­er.

Si vous êtes ama­teur de ten­nis, n’imag­inez pas pou­voir assis­ter au prochain tournoi de Roland-Gar­ros, qui se déroulera du 23 mai au 6 juin prochain porte d’Au­teuil, à Paris. La vente de bil­lets est en effet close depuis le… 28 févri­er. « C’est la pre­mière fois que cela inter­vient aus­si tôt », affirme Frédéric Longuépée, directeur délégué de la Fédéra­tion française de ten­nis (FFT), en charge de la bil­let­terie, des opéra­tions de rela­tions publiques et de l’événe­men­tiel.

La com­mer­cial­i­sa­tion a d’abord été ouverte auprès des licen­ciés de la FFT, qui béné­fi­cient d’une pri­or­ité, le 15 décem­bre, et le 2 févri­er seule­ment auprès du grand pub­lic. Con­séquence de ce suc­cès, dû au fait que la demande dépasse l’of­fre (le rap­port est de 3 à 1), pour la pre­mière fois de l’his­toire de l’é­tape française du Grand Chelem, aucune place ne sera ven­due aux guichets, comme c’é­tait tra­di­tion­nelle­ment le cas quelques jours avant chaque tournoi. Pour les mor­dus, le seul recours, mod­este, sera d’obtenir les quelques bil­lets per­me­t­tant d’ac­céder aux courts annex­es (à par­tir de 15 heures ou de 17 heures) récupérés auprès des spec­ta­teurs qui quit­tent tôt l’en­ceinte du stade, ou une invi­ta­tion par l’une des entre­pris­es parte­naires de l’événe­ment.

Au total, en l’e­space de deux mois et demi, ce sont quelque 180.000 bil­lets qui ont été écoulés sur un total de plus de 200.000 répar­tis entre les licen­ciés, le grand pub­lic et les entre­pris­es (spon­sors et sociétés achetant des places pour leurs clients ou leurs prospects). Soit 26 mil­lions d’eu­ros de recettes, ou 20 % env­i­ron du chiffre d’af­faires total de Roland-Gar­ros. Grâce à l’ef­fi­cac­ité de la vente sur Inter­net, qui a con­sti­tué le seul réseau de dis­tri­b­u­tion. « En 2007, la vente en ligne représen­tait 6.000 places, 38.000 en 2008 et 125.000 en 2009 », souligne Frédéric Longuépée. Pour ce dernier, la réus­site de cette poli­tique de « tick­et­ing » repose sur deux piliers : la bonne util­i­sa­tion de la base de don­nées clients de la fédéra­tion et la nou­velle seg­men­ta­tion de l’of­fre.

L’essen­tiel de la pub­lic­ité faite autour de la vente des bil­lets a, en effet, été con­sti­tué par les mes­sages envoyés aux clients des années passées enreg­istrés dans la base de CRM (« con­sumers rela­tion­ship man­age­ment », ges­tion de la rela­tion clients). « Notre mes­sage, c’est la rareté, détaille le directeur. Cela nous per­met de ven­dre, tout en pré­parant les années à venir en sen­si­bil­isant les clients sur le fait que les places sont dif­fi­ciles à obtenir. »

De 10 à 950 euros la place

Mais ce mar­ket­ing de la rareté s’est accom­pa­g­né d’une évo­lu­tion de l’of­fre. « Aupar­a­vant, on ne pou­vait acheter que des places à l’u­nité. Nous avons con­stru­it des pack­ages », résume Frédéric Longuépée. Ain­si, pour obtenir une place en finale du dimanche, il était pro­posé de pren­dre une autre place le same­di. Autre nou­veauté : le « pack joueur ». Il s’ag­it là d’a­cheter non seule­ment une place pour une journée pré­cise, afin de voir tel ou tel joueur, mais aus­si d’ac­quérir la pos­si­bil­ité d’as­sis­ter à des entraîne­ments, de vis­iter les couliss­es du stade, de ren­tr­er dans la zone réservée à France Télévi­sions, etc. Le tout avec un accueil per­son­nal­isé par une hôtesse et un accès à l’un des restau­rants habituelle­ment réservés à la clien­tèle entre­prise. Pour la finale, ce pack valait 950 euros. A com­par­er aux 10 euros des bil­lets annex­es de fin de journée. « C’é­tait un test. Ca a fonc­tion­né puisque nous avons ven­du nos 650 packs en 15 jours. » Plus impor­tant encore, le fait que, pour la pre­mière fois, le grand pub­lic s’est vu réserv­er un quo­ta de places pour les demi-finales et les finales, pris sur celui des licen­ciés.

Cette seg­men­ta­tion et cette stratégie de « pack­ages » présente un avan­tage : les packs sont ven­dus plus chers que l’ad­di­tion des bil­lets pour les journées con­cernées. Glob­ale­ment, en pleine crise, le prix des bil­lets de Roland-Gar­ros a aug­men­té de… 15 % (avec un prix moyen de 55 euros pour le grand pub­lic). La numéri­sa­tion de la vente per­met, elle, d’asséch­er le marché noir, car les places ven­dues sur Inter­net sont nom­i­na­tives (on peut les trans­met­tre à un tiers, mais unique­ment en ligne et en indi­quant le nom des nou­veaux tit­u­laires du bil­let). Elle va égale­ment de pair avec la général­i­sa­tion du bil­let élec­tron­ique. Des bornes seront instal­lées à l’en­trée du stade qui éditeront une con­tre-mar­que papi­er sem­blable à une carte d’em­bar­que­ment. Un plus en matière de sécu­rité.

Source : www.lesechos.fr

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