Naissance d’un mastodonte de la billetterie en ligne

Barry Diller, l’homme qui veut se constituer un empire média­tique sans frontières, va donner naissance à un nouveau poids lourd du spectacle vivant. Le rappro­chement entre Ticket­master et Live Nation est enclenché. Ne reste plus qu’à convaincre les esprits méfiants qu’il ne dévorera pas tout sur son passage.

Cuillère en argent et layette cousue d’or
La firme de Barry Diller, Ticket­master Enter­tainment, spécia­liste de la distri­bution de billets de concerts, et Live Nation, qui organise ces mêmes concerts, ont annoncé leur mariage. Les bans sont à peine publiés que nous connaissons déjà le petit nom du fruit de leur union, Live Nation Enter­tainment (autant faire simple), qui devient d’emblée « le premier groupe mondial de spectacles vivants ».

Dans son berceau, le nouveau-né trouvera une layette qui devrait lui permettre d’affronter serei­nement l’hiver écono­mique qui s’annonce : 2,5 milliards de dollars, c’est l’esti­mation de la valeur de l’entre­prise. Pour donner naissance à cet enfant titanesque, les deux parents échan­geront leurs actions, dans la proportion de 1,384 action Live Nation contre 1 action Ticket­master. Finalement, les action­naires des deux groupes possé­deront chacun une moitié de la nouvelle entité.

Mais la fée carabosse de la concur­rence pourrait se fâcher

Et tout cela se fait pour le bien de tous, nous explique Michael Rapino, le Pdg de Live Nation : « trop de billets restent invendus, et trop de fans sont frustrés par leurs mauvaises expériences de billet­terie [engen­drant] des coûts plus élevés et un accès chaotique aux billets ». Seulement voilà. Au moment de prononcer le « oui » (ou le « yes, I do », plus conforme aux mœurs anglo-saxonnes), il se pourrait que, du fond de l’église, se lève une personne opposée farou­chement à cette union : le gendarme américain de la concur­rence.

Avec ses propor­tions pachy­der­miques dans l’industrie musicale, la création du nouveau groupe pourrait bien être annulée par les autorités anti-trust. Aux premières rumeurs de flirt entre les deux entre­prises, le chanteur Bruce Spring­steen s’était déjà publi­quement offusqué d’une domination aussi outran­cière.

Resté célèbre pour avoir lancé un quatrième réseau de télévision aux États-Unis, Fox Television Network, Barry Diller confirme sa stratégie et ses appétits gargan­tuesques, forgeant son empire sur tous les types de diver­tis­se­ments, qu’ils soient en ligne, sur le petit écran ou dans les salles de concert.

Source : © Zonebourse.com 2009

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