La société Starlight, fait trembler le consortium

EXUn recours déposé au tri­bunal admin­is­tratif de Paris le 26 décem­bre remet en cause la légal­ité de l’ac­cord de con­ces­sion accordé à Bouygues et Vin­ci…

Le dossier n’en est encore qu’au stade de l’instruction, mais il pour­rait ébran­ler les fon­da­tions du Stade de France (SDF). Selon nos infor­ma­tions, le 26 décem­bre dernier, Alban Ben­nac­er, fon­da­teur et unique salarié de Starlight, une société de bil­let­terie, a déposé un recours au tri­bunal admin­is­tratif con­tre l’Etat. Il demande «la résil­i­a­tion du con­trat de con­ces­sion por­tant sur la con­struc­tion et l’exploitation du stade de France». Con­clu en 1995, ce con­trat con­fie à Bouygues et Vin­ci – réu­nis en un con­sor­tium – la ges­tion de l’enceinte de 80.000 places jusqu’en 2025.

Ce con­trat pour­rait donc arriv­er à échéance plus vite que prévu si le tri­bunal admin­is­tratif donne rai­son à Alban Ben­nac­er. «Il y a plusieurs pos­si­bil­ités, explique François Braud, l’avocat du plaig­nant. Après résil­i­a­tion, l’Etat pour­rait alors lancer un nou­v­el appel d’offres ou décider de gér­er lui-même le Stade de France en régie.» Sans par­ler d’une éventuelle com­pen­sa­tion finan­cière à vers­er au Con­sor­tium, qui percevra, en out­re, cette année 12 mil­lions d’euros en guise de sub­ven­tions (son chiffre d’affaires en 2010 était de 90 mil­lions d’euros).

Des négo­ci­a­tions seraient en cours entre l’Etat et les géants du BTP afin de faire baiss­er la note

Mais l’Etat n’a pas atten­du cet aver­tisse­ment pour s’emparer du dossier. En témoignent les pro­pos du min­istre des Sports, David Douil­let, tenus devant le Sénat le 3 décem­bre dernier: «Le mod­èle économique qui jus­ti­fi­ait les ter­mes du con­trat passé en 1995 ne con­vient évidem­ment plus. Il est anor­mal que l’Etat ait à vers­er une indem­nité annuelle au Con­sor­tium du Stade de France, encore aujourd’hui.» Selon nos infor­ma­tions, des négo­ci­a­tions seraient même en cours entre l’Etat et les géants du BTP afin de faire baiss­er la note. «Résili­er le con­trat revient à jeter le bébé avec l’eau du bain, lâche un fin con­nais­seur du dossier. Avec l’optique de l’euro 2016, ce serait une erreur. Pour éviter cela, des négo­ci­a­tions ont été entamées avec le Con­sor­tium.»

L’an dernier, c’est par la voie par­lemen­taire que l’Etat avait ten­té de faire bouger les choses. Mais l’amendement UMP visant à «sécuris­er le con­trat de con­ces­sion» a été rejeté par la Com­mis­sion des lois de l’Assemblée nationale. Pour un motif qui n’est pas anodin: «atteinte au principe de sépa­ra­tion des pou­voirs». La voie lég­isla­tive étant bouchée, l’Etat est donc for­cé d’emprunter la voie judi­ci­aire. Aver­ti le 6 jan­vi­er du recours d’Alban Ben­nac­er, les ser­vices de Matignon ont désor­mais deux mois pour présen­ter leurs argu­ments au tri­bunal admin­is­tratif. Con­tac­tés mar­di, ils n’ont pas souhaité répon­dre à nos ques­tions.
A. Maes, W.Molinié et V. Vantighem

Starlight est une agence de bil­let­terie indépen­dant agis­sant sur le sec­ond marché de la bil­let­terie de spec­ta­cle.

Source : 20 minutes.fr

Partager cet article