La revente de billets au marché noir fait de nouveau parler d’elle

La revente au marché noir de places pour les concerts des Enfoirés à Lyon en février a conduit les Restos du cœur, bénéficiaires des spectacles et confrontés à une campagne d’hiver difficile, à entamer des procédures judiciaires contre plusieurs sites.

« Des parti­cu­liers tentent de se faire du beurre sur le dos des Restos du cœur », écrit jeudi Le Progrès, qui dénonce « un marché noir indécent, à une période où les Restos du cœur manquent de cinq millions d’euros pour pouvoir nourrir tous les bénéfi­ciaires. »

Les billets pour cette série de sept concerts prévus du 1er au 6 février 2012, vendus au prix de 43, 53 ou 65 euros dans seize magasins de la région lyonnaise (voir la tarifi­cation), se sont écoulés le 29 novembre dernier en à peine trois heures, à raison de quatre tickets maximum par acheteur, rappelle le quotidien.

Depuis, diffé­rents sites de vente en ligne permettent aux parti­cu­liers de revendre leurs places. Les Restos du cœur ont noué un parte­nariat avec Zepass.com, qui gère la bourse aux billets officielle où les tickets sont revendus stric­tement au prix d’achat figurant sur le ticket. Le site eBay recense également des offres de revente, au prix d’achat inscrit sur le billet. « eBay est extrê­mement attentif et retire les ventes que nous dénonçons », assurent les Restos du cœur au Progrès, qui a néanmoins relevé des irrégu­la­rités.

 

1 800 EUROS LA PLACE

Sur d’autres sites, les offres de revente de billets fleurissent ouver­tement à prix d’or. Les tarifs s’échelonnent jeudi entre 199 et 299 euros sur le site Starlight-europe.com. Le billet le plus cher est proposé par Viagogo.fr, avec une place en catégorie 1 à 1 490 euros, soit plus de 20 fois son tarif normal ! Une fois ajoutés les frais de réser­vation, la livraison et la TVA, le montant du billet avoisine au final les 1 800 euros, a vérifié jeudi l’AFP. Et la procédure contraint à acheter un lot de deux places.

« Nous avons toujours combattu le marché noir, il se développe avec Internet », ont déclaré jeudi à l’AFP les Restos du cœur, qui, sur le site des Enfoirés, quali­fient ce phénomène de revente de places « à des prix exhor­bi­tants » de « problème récurrent ».

« INTERDIT PAR LA LOI »

L’association a confirmé que des procé­dures judiciaires de référé avaient été récemment entamées contre plusieurs sites. « Nous ne pouvons pas les laisser faire », a-t-elle réagi, se refusant à commenter plus en détail le sujet jusqu’aux décisions judiciaires, attendues dans un délai de un mois environ.

« Il est interdit par la loi de revendre des billets de concert au-delà de leur valeur nominale. Ces concerts sont organisés pour aider les Restos du cœur à mener à bien leurs actions », peut-on lire sur le site des Enfoirés. De nouvelles places, debout, seront mises en vente début janvier. Chaque année, près de 80 000 specta­teurs assistent aux concerts des Enfoirés.

Source : Le Monde

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