Le marché des bil­lets de con­certs? Dif­fi­cile à éval­uer, répon­dent les prin­ci­paux opéra­teurs. On estime à 180 mil­lions le nom­bre de bil­lets ven­dus pour des spec­ta­cles vivants (con­certs, spec­ta­cles, parcs d’at­trac­tion, foires ou salons…). Sur ce total, entre 18 et 20 mil­lions de bil­lets sont dis­tribués par l’in­ter­mé­di­aire de bil­let­ter­ies réseaux, que l’on appelle encore la prévente.

“Si vous prenez le Salon de l’au­to­mo­bile ou celui de l’a­gri­cul­ture, ce sont des événe­ments qui font 2 mil­lions d’en­trées. Les gens achè­tent sur place à 80%. Idem pour les musées où les vis­i­teurs, étrangers notam­ment, achè­tent au dernier moment. Si vous excluez les struc­tures locales (théâtres munic­i­paux, régies), cela fait 60 à 80% du marché qui échap­pent à la prévente”, explique un respon­s­able d’un réseau physique.

Si vous cherchez une place pour la dernière tournée de John­ny Hal­l­i­day ou pour assis­ter à un match de foot­ball, et que vous choi­sis­sez de pass­er par le guichet de votre hyper­marché le plus proche, vous passez en fait par deux réseaux his­toriques: France Bil­let et Ticket­net. Le pre­mier est une fil­iale du groupe Fnac, et rassem­ble les enseignes Car­refour, Géant, Le Print­emps et quelques Super U; le sec­ond est affil­ié aux dis­trib­u­teurs Auchan, Vir­gin, Leclerc, Cora et Cul­tura.

Le marché voit depuis peu l’ap­pari­tion de nou­veaux inter­venants  tel Weezevent.com, dont la stratégie repose exclu­sive­ment sur Inter­net. Inex­is­tant il y a encore quelques années, le web est aujour­d’hui devenu un canal de dis­tri­b­u­tion incon­tourn­able. Selon les esti­ma­tions, entre 20% et 40% des bil­lets ven­dus le sont sur la toile. La part des ventes de bil­lets sur Inter­net aurait ain­si dou­blé en 3 ans.

Les opéra­teurs de la prévente sont rémunérés de deux manières sur la vente de bil­lets: par une com­mis­sion vari­able ou une com­mis­sion for­faitaire. “Sur Paris, c’est un pour­cent­age du prix du bil­let; en région, c’est plutôt for­faitaire”, explique-t-on chez Ticket­net. Mais la vente de bil­let n’est pas leur unique activ­ité. Ces opéra­teurs sont sou­vent égale­ment des sociétés de ser­vices infor­ma­tiques qui vendent non seule­ment des bil­lets, mais égale­ment toute l’in­fra­struc­ture per­me­t­tant la ges­tion de cette vente.

Dig­i­tick , société créée en 2004 par Syl­vain Lum­broso et Emmanuel Guy­ot, réalise la moitié de son chiffre d’af­faires dans la vente de bil­lets. L’autre moitié vient de la four­ni­ture de tech­nolo­gies de bil­let­terie (cen­trales de réser­va­tion jusqu’aux guichets de vente, sys­tème de con­trôle d’ac­cès, bou­tiques de vente en ligne). La société tra­vaille ain­si pour de grands comptes comme la Tour Eif­fel ou la Réu­nion des musées nationaux.

Chez Dig­i­tick, on estime même que cet été, il se ven­dra plus de bil­lets élec­tron­iques que de bil­lets tra­di­tion­nels. L’a­van­tage du bil­let élec­tron­ique est qu’il est virtuel, donc imprimable chez soi, ou télécharge­able sur son portable afin d’être lu sous forme d’im­age codée lors du con­trôle d’ac­cès à un con­cert. “Les ventes en ligne de bil­lets seront majori­taires. Et la par­tie des bil­lets élec­tron­iques con­stituera la part la plus impor­tante des bil­lets ven­dus en ligne”, prévoit Emmanuel Guy­ot, PDG de Dig­i­tick.

Mais l’avenir est au con­trôle sans fil des porta­bles eux-mêmes, grâce au développe­ment de la tech­nolo­gie NFC (“New Field Com­mu­ni­ca­tion”), pro­mue par les grands fab­ri­cants de porta­bles et les opéra­teurs de réseaux de cartes de crédit. Selon Emmanuel Guy­ot, cette tech­nolo­gie, aujour­d’hui présente sur peu de porta­bles, équipera en 2010 entre 10% et 15% du parc de télé­phones porta­bles. Elle con­stitue la prochaine étape de développe­ment du marché des ventes de bil­lets de con­cert. Et devrait même faire son appari­tion dans d’autres domaines de la vie courante, comme les trans­ports, ou les micropaiements.