Comment déjouer les pièges de la billetterie en ligne ?

Si vous comptez offrir des places de con­cert pour Noël en pas­sant par Inter­net, atten­tion où vous allez cli­quer. Les pra­tiques com­mer­ciales de ce secteur sont par­fois telle­ment dou­teuses que le Sénat exam­ine en ce moment un arti­cle de la loi Lefeb­vre ren­forçant la pro­tec­tion du con­som­ma­teur.

« Un cer­tain nom­bre de sites Inter­net vendent plus de bil­lets qu’ils n’en ont. D’autres émet­tent des places sur le Net avant même que la bil­let­terie soit ouverte. A l’arrivée, on voit des cars entiers de gens floués qui se présen­tent devant Roland-Gar­ros ou au Stade de France en pen­sant pou­voir entr­er alors qu’ils n’ont pas d’accès », con­state Joël Guil­lon, porte-parole de l’association de défense des con­som­ma­teurs Lesarnaques.com.

Des places pour U2 à 700 € au lieu de 160 €

« Les per­son­nes abusées ont acheté leurs places sur le sec­ond marché via des fauss­es bil­let­ter­ies Inter­net qui escro­quent ain­si leur monde. Il faut aus­si met­tre fin au traf­ic, aujourd’hui légal, qui con­siste à reven­dre en masse des places hors de prix. Non seule­ment cela assèche le vrai marché, mais cela pénalise les petits revenus », insiste Muriel Mar­land-Militel­lo, députée UMP des Alpes-Mar­itimes, à l’origine du texte visant à encadr­er ce secteur. « Excep­tion faite des trans­ac­tions entre par­ti­c­uliers, sou­vent sur eBay ou PriceM­i­nis­ter, il faut que la revente de bil­lets soit soumise à l’autorisation des pro­duc­teurs de con­certs ou de matchs eux-mêmes », pré­cise-t-elle.

Une bataille que mène aus­si active­ment le Prodis — l’Union du spec­ta­cle musi­cal et de var­iété (lire ci-dessous) —, mais aus­si les fédéra­tions sportives de foot, rug­by ou ten­nis, vic­times par ric­o­chet de ces abus. « Rien qu’avec le spé­cial­iste du sec­ond marché qui a sévi entre 2008 et 2011 pour les spec­ta­cles de Lady Gaga, AC/DC, Mylène Farmer, et Indo­chine ; on compte 200 plaintes. Lors du con­cert de U2, c’est un site éphémère qui a com­mis ces abus : il pro­po­sait des places à 700 € alors qu’elles étaient ven­dues à l’origine à 160 € », renchérit Joël Guil­lon. Pour la députée UMP, il s’agit là d’une vraie gan­grène : « Des esti­ma­tions chiffr­eraient à plus de 200 le nom­bre de fauss­es bil­let­ter­ies. En juin 2009, la Direc­tion de la con­som­ma­tion et de la répres­sion des fraudes a con­trôlé 20 bil­let­ter­ies en ligne. Sur 19 d’entre elles — dont 14 opéra­teurs français —, des irrégu­lar­ités ont été con­statées. » La députée regrette que son texte ini­tial ait été mod­i­fié par le gou­verne­ment. « L’article pré­cise bien que sera puni de 15000 € d’amende celui qui ven­dra des places de spec­ta­cle sans autori­sa­tion du pro­duc­teur. Mais il fau­dra établir qu’il a voulu en tir­er béné­fice, un point que je n’avais pas retenu. Cela va com­pli­quer le tra­vail de la jus­tice. » Un point de vue que défend­ent les pro­duc­teurs de spec­ta­cle qui jugent du coup la pro­tec­tion insuff­isante.

Source : www.leparisien.fr

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